Comment préparer la cession de son entreprise

La société constitue souvent la plus grande partie de la vie d’un entrepreneur. La perspective de devoir transmettre cette entreprise est pour eux un moment difficile.

Plusieurs étapes sont indispensables à la transmission réussie d’une entreprise :

1 – l’audit global de l’entreprise

Ce diagnostic global de l’entreprise permet de mettre en place un certain nombre de mesures destinées à la valoriser.

Dans l’idéal, le projet doit être planifié 4 à 5 ans en amont de la cession, de façon à céder l’entreprise au bon moment et dans de bonnes conditions de marchés. Cet audit global englobe plusieurs volets :

  • L’audit financier identifiant les mesures qui permettront de clarifier les comptes, optimiser la marge et structurer le bilan de l’entreprise ;
  • L’audit commercial validant le positionnement l’entreprise sur son marché ;
  • L’audit d’organisation sécurisant les processus de production, via l’identification des fonctions clés composant l’entreprise. Il permet également de détecter les profils à recruter, afin de pérenniser le bon fonctionnement de la structure, en l’absence de son fondateur / cédant ;
  • L’audit des systèmes d’information apportant les garanties au plan de l’efficacité et la sécurité informatique, nécessaires au potentiel acquéreur (les données clients étant en effet un aspect clé dans le processus de valorisation…). C’est également l’occasion de vérifier la fiabilité du système comptable ;
  • L’audit juridique identifiant les clauses contractuelles pouvant être défavorables à l’entreprise et nécessitant d’être renégociées avant sa cession ;
  • enfin, l’audit fiscal permettant de se préparer aux conséquences fiscales d’une cession. L’objectif est ici de mettre en place des stratégies (abattements de plus-value de cession pour durée de détention, pour départ à la retraite, …), tout en vérifiant leur adéquation aux évolutions de la réglementation fiscale en vigueur.

Selon le secteur d’activité de l’entreprise, d’autres diagnostics complémentaires pourront être réalisés (propriété intellectuelle, industrielle, etc…).

Durant ces différents audits, le pilotage financier est alors primordial. Le business plan exposera la stratégie et les objectifs qui devront être atteints par l’entreprise à moyen terme. Il est également important de concevoir un guide qui permettra de détailler l’ensemble des procédures de l’entreprise de façon à en faciliter la transmission aux repreneurs. 

2 – déterminer le périmètre de cession de l’entreprise

La détermination du périmètre cédé consiste à définir ce qui sera cédé et ce qui ne le sera pas : céder le fonds de commerce à l’exclusion des murs, une partie seulement de l’activité,  les parts sociales ou les éléments de l’actif ou encore opter pour la location-gérance.

Bien définir ce périmètre permet de mieux choisir la manière de céder, de gagner du temps et faciliter la valorisation.

3 – évaluer le prix de cession de l’entreprise

Déterminer précisément le prix de cession de l’entreprise est un préalable indispensable à sa vente. De nombreuses méthodes d’évaluation existent et il convient d’en sélectionner la ou les plus pertinentes :

L’évaluation par rapport à des indicateurs financiers (chiffre d’affaires, résultat d’exploitation, …). On y applique un multiple correspondant au secteur d’activité. Ce multiple est généralement établi statistiquement et par comparaison avec des transactions récentes, puis adapté en fonction de la qualité de l’entreprise (niveau de marge, qualité du personnel,…).

L’évaluation patrimoniale consiste à évaluer chacun des actifs et passifs de l’entreprise pour obtenir un actif net, corrigé et réévalué, qui correspond alors à la valeur de la société.

L’évaluation basée sur la rentabilité consiste à estimer la valeur d’une entreprise en fonction de la rentabilité qu’elle dégage. Ces techniques sont complexes et elles se basent sur des prévisions,  dont l’actualisation des flux de trésorerie futurs.

L’évaluation basée sur des indicateurs précis consiste à calculer la valeur de l’entreprise en multipliant une donnée clé de l’activité par un montant déterminé. C’est notamment le cas pour des sites Internet ou des start-up.

4 – la recherche d’un repreneur par le cédant

Tout chef d’entreprise souhaite trouver en son repreneur, sa copie parfaite avec quelques années de moins. C’est cependant chose quasi impossible et il faudra rester prudent et vigilant lorsqu’un investisseur se présentera.

5 – se préparer à l’audit d’acquisition de l’acheteur

Dès lors que l’investisseur est identifié, un processus de cession s’étale sur une durée généralement comprise entre 3 et 6 mois.

Un acheteur effectue souvent une due diligence qui lui permet de valoriser la société cible.  Cette pratique permet de limiter certains risques liés à l’achat, tout en prenant des précautions juridiques. Cet audit est mandaté par l’acheteur, il peut être réalisé par un commissaire aux comptes, ou un cabinet spécialisé dans la transmission d’entreprises. Il convient donc de s’y préparer en amont et de regrouper régulièrement les informations nécessaires pour l’audit.

6 – transmettre un savoir-faire et pérenniser l’organisation

Parmi les différents modes de transmission, Le premier consiste à arrêter ses fonctions dans l’entreprise le jour où le repreneur prend les siennes. Cette solution peut sembler périlleuse et être perçue comme un changement brutal par les salariés, les clients ou les fournisseurs. Dans certains cas, il est préférable d’adapter son entreprise en vue d’une reprise sereine, parfois en embauchant pour mieux valoriser son entreprise sur le long terme.

Le second mode de transmission consiste à mettre en place une période de transition, généralement formalisée par un contrat. Pendant cette période, le cédant et le repreneur cohabiteront pour assurer une transition optimale, mais également plus lente. Lorsque cette option est retenue, des clauses spécifiques, comme des compléments de prix peuvent rassurer acheteur et vendeur.

7 – informer ses collaborateurs et les partenaires extérieurs

Cette communication doit être à fois interne et externe : vis-à-vis des salariés et des instances représentatives, elle a pour but de les informer. Elle s’opère dès la décision de vendre prise, puis tout au long du processus de vente. Il arrive parfois qu’un ou plusieurs salariés se portent acquéreurs de l’entreprise et c’est en général un gage de continuité.

La communication externe servira à trouver un acheteur potentiel (réseau professionnel, personnes ayant manifesté leur intérêt par le passé, etc…) et à rassurer les partenaires (banquiers, clients, fournisseurs etc…)

8 – la rédaction des actes de cession de l’entreprise

L’accompagnement des professionnels y est alors indispensable « avocats, experts-comptables etc… ». L’objectif est d’éviter les pièges qui y sont nombreux. Cela permet notamment de réduire le temps consacré à cette opération, d’ajouter un échelon dans le processus de négociation, fort utile pour conserver certaines informations confidentielles.

N’hésitez pas à nous contacter pour obtenir plus d’informations sur les possibilités d’accompagnement que nous pouvons être à même de vous proposer.